Milosz Magin, quatrième sonate pour piano, dédiée à Alexandre Bodak

La quatrième sonate pour piano a été composée en 1997 et donnée en première audition mondiale en 1998, salle Gaveau à Paris, par Alexandre Bodak. Elle comporte quatre mouvements : Allegro molto, Presto leggierissimo, Lento et Allegro con fuoco.

L'Allegro molto comporte deux thèmes bien distincts. Le premier est formé par des intervalles de quartes caractéristiques de la musique de Magin. Le deuxième thème, tout en chromatisme, avec de subtiles modulations est une forme d'écriture souvent retrouvée dans ses oeuvres (troisième sonate pour piano, quatrième concerto pour piano et orchestre).

Le Presto leggierissimo est un Scherzo rapide avec un thème central évoquant les cors, avec un crescendo fantastique et surprenant.

Le Lento est une musique coloriste. Magin était un amoureux de la peinture et on retrouve ici cet aspect du compositeur.

L'Allegro con fuoco est un mouvement écrit en forme deToccata avec en fin de mouvement un glissando des deux mains en sens contraire dont Magin est peut être le premier à l'utiliser.

 

Concerto N°4 pour piano et orchestre de Milosz Magin dédié à Alexandre Bodak

Il a été composé début 1998 en une dizaine de jours. L'orchestre comprend des cordes, premier et deuxième violons, altos, violoncelles et contrebasses, ainsi que des timbales. Ce choix d'un orchestre restreint a été fonction, d'une part de l'inspiration de Magin et d'autre part de la possibilité de jouer ce concerto avec un orchestre de chambre.

Le concerto comporte trois mouvements : Allegro, Lento religioso, Presto ma non troppo. Il dure environ 20 minutes

Le premier mouvement débute par un rythme très prononcé de l'ensemble de l'orchestre qui prépare ainsi l'entrée thématique du piano. On retrouve d'emblée les quartes ascendantes et descendantes si caractéristiques de l'écriture Magin réalisant des cellules thématiques rapidement transposées. Comme souvent chez cet auteur, apparaît un deuxième thème, lyrique, d'une beauté simple et émouvante. Les harmonies si particulières du coloriste Magin sont entendues d'abord au piano seul, puis soutenues par l'orchestre. Les deux thèmes étant exposés le développement est concis, précis, sans une note de trop ni de moins. Le premier thème est reexposé ainsi que le second avec cependant un développement plus sombre avant une brillante conclusion où s'égrènent les notes des traits maginiens si particuliers par leurs structures issues de la forme du clavier pianistique

Le Lento religioso est, en quelque sorte, le mouvement de l'orchestre. Il y est présent souverainement. L'orchestration rappelle intensément les deux Symphonies, la Musique des Morts ainsi que le Stabat Mater de Magin. Les cordes y sont émouvantes, les sons sont longs, décrivant des mélodies et des harmonies qui nous émeuvent et nous évoquent la Nuit Transfigurée d'Arnold Schoenberg et les Métamorphoses Richard Strauss. C'est absolument merveilleux. Sur sur tapis sonore créé par l'orchestre va s'inscrire le piano avec une mélodie soutenue par des accords simples où on remarque pendant un bref instant la tonalité de la mineur, tonalité simple, lisse, qui évolue aussitôt vers des polytonalités si caractéristiques de la musique de Magin.

Le troisième mouvement est vif, rythmé. Sur des mesures à trois temps s'inscrivent des danses commme la Mazurka et surtout l'Oberek, danses typiquement polonaises que Magin reinvestit dans ce final avec beaucoup de bonheur. Il retrouve ainsi les réminiscences de ses racines polonaises enveloppées ici par des harmonies de la musique française. Trois thèmes se succèdent comme si le compositeur n'était jamais à court d'idées, comme s'il y avait une volupté de l'inspiration. Le premier s'appuie sur une gamme de do avec un fa dièze, le deuxième sur une tonalité de si bémol alors que troisième évolue dans un environnement de mi mineur évoquant des harmonies du deuxième mouvement. La conclusion réexpose le premier thème et le mouvement se termine sur un rythme très percutant à trois temps soudainement interrompu par un silence de deux mesures conduisant à de rapides triolets montant en quartes, rappelant le thème du début du concerto.

 

Alexandre Bodak

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